Catégorie : Social médias

Comment placer les réseaux sociaux dans ma démarche de veille et d’intelligence économique ? [Vidéo]

Le 30 mai 2017, par Jean-Christian Rivet

Pendant des décennies, les dirigeants ont couru après l’information. Mais actuellement le phénomène est inversé : nous croulons tous sous les flux d’informations. Menacés « d’infobésité », comment pouvons-nous utiliser efficacement internet et les réseaux sociaux pour surveiller notre marché ?

Le phénomène est donc totalement inversé. L’information n’est pas difficile à trouver mais elle est difficile à trier. Aujourd’hui, non seulement les sources d’informations sont très larges et variées mais en plus elles sont redondantes et arrivent par des dizaines de biais différents, ce qui fait que nous sommes bombardés par l’information. Je me souviens d’un blogueur à qui j’avais fait la remarque : »Mais pourquoi vous n’avez pas fait un article sur la sortie du dernier iPhone ? ». Il m’avait répondu « C’est que je veux me différencier ». Il devait être le seul dans la blogosphère à ne pas avoir publié d’article sur le nouvel i-phone. En revanche, dans la quinzaine qui a suivi, il a été le premier blogueur à écrire un billet qui comparait l’iPhone et le galaxy de Samsung. Il avait su transformer cette espèce d’hyperactivité de l’information en contenu ayant de la valeur. Nous allons donc voir comment les réseaux sociaux, les blogs et autres plateformes vont nous aider, non plus à trier l’information la plus rapide, mais à récupérer l’information qui a le plus de valeur.

Une info qui m’aide à décider

La première règle à respecter est de focaliser sur une veille qu’on appelle une veille décisionnelle : si une information qui m’arrive ne m’aide pas à mieux décider pour moi ou pour mon entreprise, à ce moment là ce n’est pas une information dont j’ai besoin. C’est sans doute de la culture générale, certes très utile, mais qui ne rentre pas dans le cadre de la veille.
Une bonne stratégie de veille, finalement qu’est ce que c’est ? C’est la veille qui a une valeur d’action. Je vais donc décider des informations dont j’ai justement besoin par rapport à cette prise de décision, ensuite je vais rechercher cette information puis l’évaluer pour être certain qu’elle est crédible et qu’elle correspond bien à la réalité dont j’ai besoin. Je vais ensuite l’agréger avec d’autres informations déjà existantes puis la diffuser en interne auprès de mes collaborateurs ou auprès de partenaires. Je deviens alors une personne ressource auprès de ces gens là. Je dois également la stocker pour pouvoir la retrouver. Il s’agit peut-être d’informations dont j’aurai besoin pendant toute une année en attendant que sortent les prochains chiffres….

Quel type de veille ?

Maintenant, une autre question : quels sont les types d’informations dont j’ai besoin pour mieux décider ?

  • J’ai besoin de faire une veille « marché » : savoir quels sont les comportements sur mon marché, de mes concurrents ou liés aux consommateurs. Comment achètent-ils aujourd’hui, ont-ils changé leurs comportements d’achat ?
  • Je mène également une veille « technologique » : pas seulement par rapport aux nouvelles technologies que sont le mobile, les réseaux sociaux ou l’impression 3D… Cela peut être des évolutions techniques dans votre métier, pas forcément informatiques.
  • Ensuite, je dois réaliser de la veille « commerciale » et c’est là que les réseaux sociaux vont être extrêmement intéressants. Au-delà des comportements clients et comportements de la concurrence,

je vais détecter ce qu’on appelle les signaux faibles. Pour ça les réseaux sociaux sont absolument extraordinaires. A travers les conversations sur les réseaux et dans les blogs, les commentaires sur des publications et les partages, vous allez repérer ces fameux signaux faibles. Un exemple : un dirigeant d’agence web s’est aperçu qu’en allant dans des groupes de discussion sur Linkedin, comme ceux des professionnels de collectivités locales ou de responsables marketing, il y avait énormément de communications sur un thème très précis  » quelqu’un aurait-il un modèle de cahier des charges parce qu’on a un projet de site web l’année prochaine ? » Ça veut dire qu’il repérait dans des discussions des opportunités. Donc votre veille va être, par exemple, de suivre une personne qui a un projet en gestation. Comment la suivre ? En allant voir dans quel autre groupe de discussion elle est, avec qui elle échange, quelles sont les personnes avec qui elle rentre en contact, par exemple des agences Web, et vous, pourquoi pas, de la demander en contact…

Information blanche ou grise

Vous allez me dire : »n’est-ce pas de l’espionnage ? « . Non c’est ce qu’on appelle de l’information grise. L’information blanche est celle que tout le monde peut avoir : les résultats d’une élection, la sortie de l’iPhone, les chiffres du chômage, etc.
En revanche la comparaison technique et fonctionnelle entre le nouvel iPhone et le galaxy de Samsung, c’est de l’information grise. Pourquoi ? Parce qu’elle est passée par la matière grise de quelqu’un d’autre et que derrière, il y a l’avis de quelqu’un. Bien sûr, j’ai besoin de faire attention. Parce que si quelqu’un est en train de me donner son opinion sur un produit, une information ou une nouvelle règlementation, je dois faire attention à ce que cette personne soit crédible et qu’elle me donne un avis éclairé. On reproche, parfois à juste titre, aux réseaux sociaux de favoriser la diffusion de fausses rumeurs ou d’informations erronées. Donc, dans votre stratégie de veille sur les réseaux sociaux, Facebook, twitter ou Linkedin, je vous recommande de focaliser votre veille et de ne suivre que des personnes qui vous apportent de l’information blanche. Attention, vous pouvez aussi entrer en contact avec un diffuseur « d’information noire » qui relève plus de l’espionnage industriel. Cette personne vient peut-être de partir d’une entreprise, ça c’est mal passé et il est tenté de diffuser de l’information qui ne devrait pas sortir de l’entreprise. Là nous sommes dans l’abus et vous n’avez pas intérêt à pratiquer cette veille qui finira par se retourner contre vous.

Les principales plateformes de veille

En plus d’avoir des objectifs précis, la deuxième chose que vous avez besoin de faire c’est de repérer les plateformes dont vous avez besoin : il y a bien sûr les plus courantes -Twitter, Facebook, Linkedin. Vous pouvez aussi suivre des personnes influentes sur des plateformes comme YouTube, Dailymotion, Vimeo… Sans oublier Slideshare, qui est une plateforme sur laquelle on partage des documents, des livres blancs, des Powerpoint. Là vous avez énormément d’animateurs de conférences qui sont des experts. Cette plateforme ayant été rachetée par Linkedin il y a quelques mois, on retrouve donc des Powerpoint qui après s’affichent sur les profils Linkedin.
L’idée est donc d’élargir le plus possible les plateformes que vous allez suivre. Quitte à organiser ensuite ces flux grâce à des outils comme hootsuit, fidly, scoopit, qui stockent sur une seule plateforme la veille que vous avez sur tous ces réseaux là.

Pour conclure sur cette question de la veille et des réseaux sociaux, je vous recommande de bien comprendre que la valeur d’une information, sa force et sa faiblesse, ne sont jamais plus fortes que la force et la faiblesse de la personne qui la porte. Et dans les réseaux sociaux, à la différence de la presse et d’autres médias, ce sont les personnes qui vont faire la valeur de l’information que vous recevez. N’oubliez pas : matière Grise !

 

Article rédigé par Jean-Christian RIVET Entrepreneur dans le Digital et conférencier professionnel

Dirigeant du cabinet NET-STRATEGE

 

Le 30 mai 2017, par Jean-Christian Rivet dans la catégorie Social médias